Pour que reviennent les papillions

  • éditions : Livres sans frontières

Pour que reviennent les papillons
Lisiane Bernadette THOMAS

Pourquoi faut-il lire … ?

Parce que ce roman raconte un moment de bascule. Un instant où un territoire cesse d’être un lieu vécu pour devenir un espace à exploiter.

Sur une île, à la biodiversité fragile, une forêt renaît là où les hommes ont déserté. Elle n’est ni vierge ni décorative : elle porte les traces du travail, des cultures, des générations passées.

Lorsqu’un projet touristique décide de l’effacer, ce n’est pas seulement un paysage qui disparaît, mais un héritage commun.

Le roman donne à voir ce que provoque cette violence : les divisions au sein d’un village, la rupture des solidarités, la difficulté à continuer à vivre ensemble quand les valeurs se heurtent.

La question écologique n’est jamais abstraite : elle traverse les corps, les relations, les choix quotidiens.

En parallèle de ce conflit, le texte ouvre un espace plus intime, où la mémoire se dit autrement : par l’écriture de lettres, par l’attention portée à ceux dont la mémoire s’efface, par la conscience aiguë de ce qui peut se perdre — irrémédiablement.

Pour que reviennent les papillons interroge ainsi la notion même de progrès.

Que gagne-t-on lorsque l’on détruit ce qui faisait lien ?
Que reste-t-il lorsque la nature, la culture et la mémoire sont traitées comme des obstacles ?

Sans jamais céder au manichéisme, le roman affirme une conviction forte : la sauvegarde du vivant est indissociable de la sauvegarde des histoires humaines.

Un très beau texte profondément en résonance avec les enjeux contemporains, qui fait de la littérature un lieu de résistance, mais aussi de transmission et d’espérance.