Lire le monde, c'est déjà le changer
André-Jean Guérin et Paul Mathis — Éditions EDP Sciences
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Parce que ce livre commence par une voix.
Celle de Pando.
Un arbre. Peut-être le plus grand, peut-être le plus ancien du monde.
Un être vivant âgé de près de 80 000 ans, qui nous parle.
Et soudain, on n’est plus dans un essai classique.
On écoute. Presque comme un conte.
Pando raconte la longue histoire entre les arbres et les humains. Tout ce que la nature nous a donné. Et tout ce que nous avons pris. Il ne juge pas. Il explique. Il nous met face à notre responsabilité, en montrant aussi pourquoi, dans notre logique humaine, nous avons agi ainsi.
Ce livre dit une chose essentielle : la nature a donné, nous avons pris — parfois sans limite. Et pourtant, rien n’est figé.
À travers cette voix singulière, on apprend, on comprend comment fonctionnent les arbres, les forêts, le vivant. On réfléchit. On change de regard.
C’est un livre pour tout le monde.
Accessible, clair, profondément instructif. Un livre que l’on lit d’un trait, et que l’on referme un peu différent.
Lire ce livre, c’est accepter d’écouter le vivant. Et peut-être, déjà, de faire autrement.
Texte original — De Rives en Pages. Reproduction possible avec citation de la source.

Jean-Noël Falcou — Éditions Wildproject
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Parce que le lire, c’est entrer dans une expérience rare : celle d’un homme qui raconte, jour après jour pendant une année, la réalité concrète de son métier.
Jean-Noël Falcou, paysan et naturaliste, nous ouvre les portes d’un monde essentiel et pourtant largement méconnu : celui de l’agriculture vécue de l’intérieur.
Ce livre touche d’abord par son authenticité. Chaque page est ancrée dans le réel : le travail de la terre, les gestes quotidiens, les saisons, les imprévus, les joies simples et les difficultés.
Mais au-delà du témoignage, il s’agit d’une véritable immersion. Le corps est partout : fatigue, effort, plaisir, douleur.
Falcou nous montre combien les mots « temps » et « culture » prennent un sens profond lorsqu’ils sont liés à la terre : ils relient le rythme des jours à celui du vivant, le travail agricole à notre rapport au monde.
Ce journal est également une œuvre littéraire. L’écriture est simple, précise, sensible sans être démonstrative. Elle transforme le quotidien en matière poétique, révélant une alliance entre exigence du réel et regard sensible, ce qui donne au texte une force singulière.
Livre profondément actuel, il témoigne des difficultés du monde agricole, notamment face aux changements climatiques. Il porte aussi une forme d’espoir, en montrant qu’une agriculture respectueuse de l’environnement est possible.
Un texte qui éclaire, qui touche et qui reste : on y découvre un métier, on y partage une expérience humaine forte et l’on renoue avec une attention au vivant.
Oui, à lire !
Texte de De Rives en Pages — reproduction possible en citant la source.

Samuel Bonvoisin, François Goldin et Antoine Talin — Éditions Ulmer
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Face aux dérèglements climatiques, à la montée des sécheresses et des inondations, la question de l’eau devient centrale. Cultiver l’eau douce est un ouvrage essentiel pour comprendre ces enjeux et, surtout, pour agir concrètement.
Ce livre a le grand mérite de rendre accessible un sujet complexe : le cycle de l’eau douce et son lien étroit avec les sols, la végétation et les paysages. Il déconstruit les idées reçues et propose une lecture renouvelée, plus juste et plus complète, de notre rapport à l’eau.
Mais surtout, il s’adresse à tous. Aux particuliers, d’abord, qui y trouveront des solutions simples et immédiatement applicables dans leur jardin ou leur environnement proche : ralentir, infiltrer, retenir l’eau, favoriser la vie des sols. Autant de gestes à la portée de chacun.
Il constitue également un outil précieux pour les élus, les collectivités et tous ceux qui exercent des responsabilités communales, départementales ou régionales. Les approches présentées permettent de repenser l’aménagement du territoire, de restaurer des écosystèmes résilients et d’anticiper les impacts du changement climatique.
La force de cet ouvrage tient aussi à ses auteurs, spécialistes engagés de la permaculture et de l’hydrologie régénérative. Leur approche est résolument concrète, nourrie par l’expérience de terrain, l’observation et l’expérimentation. Ils ne théorisent pas : ils transmettent des solutions éprouvées, directement mobilisables.
Clair, concret et inspirant, Cultiver l’eau douce est à la fois un guide pratique et un appel à changer de regard : considérer l’eau non comme une contrainte à gérer, mais comme un bien commun à cultiver.
Un livre utile, aujourd’hui plus que jamais.

Hélène Grosbois, illustré par Amandine Lesay — Éditions Marabout
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Parce qu’à l’heure où la crise écologique s’impose comme une évidence, encore faut-il en comprendre les véritables causes.
Et cet ouvrage les éclaire en profondeur, sans simplifier à l’excès.
Hélène Grosbois, ancienne cadre dans la finance reconvertie en agricultrice engagée, interroge les idées reçues, souvent centrées sur le seul dérèglement climatique, pour mettre en lumière des causes agricoles, économiques et politiques qui participent à ce que l’on nomme désormais la sixième extinction de masse.
Parmi elles, une question centrale traverse l’ouvrage : celle de l’usage des pesticides, qui apparaissent ici comme un facteur majeur encore insuffisamment reconnu.
Le livre est organisé en chapitres thématiques clairs et accessibles, permettant une lecture souple et non linéaire : le lecteur peut y piocher selon ses interrogations, entrer par une problématique précise et construire progressivement sa propre compréhension d’ensemble.
Il se distingue également par la richesse de ses propositions concrètes et accessibles, qui offrent à chacun des leviers pour agir à son échelle.
Enfin, les illustrations d’Amandine Lesay accompagnent le propos avec justesse.
Un ouvrage clair et pédagogique, entre analyse et sensibilité, qui s’adresse à un large public.
Il permet de comprendre que la disparition du vivant n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix — et donc aussi la possibilité d’en faire d’autres.
Un livre qui permet de comprendre — et d’agir.
Texte De Rives en Pages — reproduction possible avec citation de la source.

François Jaquet et Malou Amselek — Éditions Sciences Humaines
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
À l’heure où le véganisme est devenu en quelques années un véritable sujet de société, souvent passionnel et clivant, cet ouvrage propose une chose rare : prendre le temps de penser.
Ce livre est d’abord précieux parce qu’il comble un manque. En langue française, peu d’ouvrages abordent réellement la question éthique du véganisme, alors même qu’elle fait l’objet de développements importants dans la littérature internationale.
Mais surtout, il se distingue par sa méthode. Les auteurs ne cherchent ni à convaincre à tout prix, ni à simplifier : ils définissent rigoureusement le véganisme, puis examinent, un à un, les arguments pour et contre — qu’ils soient moraux, économiques, culturels ou pratiques.
Cette démarche offre au lecteur une liberté précieuse : celle de se forger un jugement éclairé, fondé sur la raison plutôt que sur l’émotion ou l’idéologie.
L’ouvrage doit aussi sa force à la complémentarité de ses auteurs :
François Jaquet, enseignant-chercheur en philosophie morale, apporte la rigueur de l’analyse conceptuelle ;
Malou Amselek, formée aux soins animaliers et passionnée de philosophie, enrichit la réflexion d’une sensibilité concrète au vivant.
De ce dialogue naît un texte à la fois exigeant et accessible.
Enfin, l’ouvrage impressionne par sa clarté et sa rigueur : sans militantisme, mais sans concession, il déploie une réflexion qui invite chacun à interroger ses habitudes.
En somme,
Lire Faut-il être végane ?, ce n’est pas adopter une position.
C’est accepter d’ouvrir un espace de réflexion essentiel — sur notre rapport au vivant, à la consommation, et à notre propre responsabilité.
Texte de De Rives en Pages — reproduction possible avec citation de la source.

Kathleen Desveaud — Éditions EMS
Les ouvrages consacrés à l’intelligence artificielle sont aujourd’hui nombreux — et souvent excellents.
Dans cette profusion, l’Intelligence artificielle décryptée de Kathleen Desveaud, enseignante-chercheuse, propose une écriture qui allie rigueur, analyse et une réelle exigence de clarté.
Les notions complexes y sont expliquées avec méthode, précision et pédagogie.
Le livre offre également une mise en perspective historique essentielle, permettant de replacer l’essor actuel de l’intelligence artificielle dans une trajectoire longue. Une approche qui aide à mieux comprendre les ruptures récentes, mais aussi les continuités souvent ignorées.
Nous avons particulièrement apprécié la place importante accordée aux enjeux éthiques. Biais algorithmiques, confiance, responsabilité, transformation des usages : autant de questions traitées avec nuance, sans sensationnalisme, mais avec une réelle exigence intellectuelle.
L’autrice invite ainsi à dépasser les discours simplificateurs pour entrer dans une compréhension plus fine et plus critique de ces technologies.
Il ne faut pas se leurrer : certains passages peuvent paraître denses lors d’une première lecture — reflet d’un sujet complexe — mais ces exigences sont rapidement compensées par un accompagnement du lecteur, pas à pas.
Ce livre ne se contente pas d’informer : il forme le regard. Il donne des clés pour comprendre, questionner et exercer notre discernement — n’est-ce pas là la condition d’une utilisation véritablement éthique de l’intelligence artificielle ?
Un ouvrage exigeant sans être réservé aux spécialistes, accessible sans être simplificateur.
Texte rédigé par De Rives en Pages — reproduction autorisée sous réserve de mention de la source.

Simon François — Éditions Le Masque
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Avec La Proie et la Meute, Simon François signe un polar d’une rare intensité, à la croisée des genres.
Roman écologique puissant, il s’impose également comme un grand polar noir rural, dans ce que ce registre offre de plus saisissant.
Ce deuxième livre confirme une voix singulière, capable de saisir à la fois la brutalité du réel et la complexité des êtres.
L’intrigue se déploie dans un village du centre de la France, isolé, presque retranché du monde, où la majorité des habitants travaille dans un abattoir de volailles. La nature environnante, loin d’être apaisante, devient elle aussi ambivalente — refuge autant que prison — et fait écho aux fractures d’une communauté enfermée dans ses silences.
C’est une nature brute, sauvage.
Lorsque la maire, fille du pays, disparaît après avoir été mêlée, malgré elle, à une affaire d’enfouissement illégal de déchets, l’équilibre fragile du village bascule. Vengeance, violence et brutalité refont surface, réveillant des liens, notamment celui qu’entretient le marginal du village avec son ami d’enfance.
Mais le roman dépasse largement les codes du simple thriller. À travers cette intrigue, l’auteur explore des enjeux contemporains majeurs : la relégation des territoires ruraux, les fractures sociales, la montée des radicalités, mais aussi les atteintes portées à l’environnement.
L’abattoir, omniprésent, devient une métaphore puissante d’un système qui broie les corps autant que les consciences.
L’écriture, directe et ciselée, participe pleinement à la force du livre. Elle sait se faire sèche, presque tranchante, pour dire la violence, mais aussi étonnamment poétique lorsqu’elle capte les paysages ou les élans intérieurs — comme si la noirceur du monde se mêlait à une forme de grâce.
Lire La Proie et la Meute, c’est entrer dans un univers âpre, dense, profondément incarné.
Un polar puissant et juste — qui laisse au lecteur une empreinte tenace, bien au-delà de la dernière page.
Texte élaboré par De Rives en Pages, association loi 1901 reconnue d’intérêt général — reproduction possible avec citation de la source.

Wendy Delorme — Éditions Cambourakis
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Lire Le Parlement de l’eau de Wendy Delorme, c’est entrer dans un monde où l’eau cesse d’être un simple décor pour devenir un chœur indocile et parfois malicieusement drôle.
Autrice, essayiste et intellectuelle engagée, Wendy Delorme développe une œuvre à la croisée de la création littéraire et de la recherche critique, explorant les liens entre corps, politique et vivant.
Avec ce roman, elle franchit un seuil : donner voix au vivant lui-même.
Car oui, derrière la gravité des enjeux — crise écologique, domination humaine, dérives politiques — circule un humour subtil, grinçant, lumineux qui ne nie rien, mais qui permet de respirer. Une éclaircie entre deux averses.
Le roman s’organise comme une polyphonie en trois pôles :
— l’eau, dans toutes ses formes — fleuves, rivières, marais — qui devient sujet parlant, sensible, parfois malicieusement irrévérencieux,
— les humains, avec leurs contradictions, leurs luttes et leurs aveuglements,
— et un espace intermédiaire, celui de la pensée, de l’enquête et de l’écriture elle-même, où se tissent les liens entre ces mondes.
Dans cette architecture mouvante, les voix s’entrelacent. Certaines piquent, ironisent, observent les humains avec un mélange de tendresse et de lucidité.
On y sent une distance, presque un sourire du vivant face à nos contradictions.
Ce livre est précieux parce qu’il ne se contente pas d’alerter : il invente, relie, ouvre. Il transforme la littérature en espace sensible et politique, sans jamais se départir d’une légèreté salvatrice.
Lire ce roman, c’est écouter autrement, ressentir l’urgence écologique sans sombrer dans le désespoir, découvrir une écriture engagée pleine d’esprit, sourire — même au cœur des tempêtes.
Le Parlement de l’eau avance comme une rivière : profond, libre, imprévisible et joyeusement irrévérencieux.
On aime !
Texte de De Rives en Pages — reproduction possible en citant la source.

Philippe Bihouix, illustré par Vincent Perriot — Éditions Casterman
Parce que nous pensons vivre dans un monde numérique. En réalité, nous vivons dans un monde de métaux.
Cette BD-document, classée Adultes et Lycéens, nous oblige à regarder en face notre consommation des ressources de la Terre, sur lesquelles repose notre train de vie moderne.
Derrière le climat, l’énergie ou le numérique, il y a la matière. Une matière nécessaire à notre quotidien : des métaux rares, des minerais, des sols, des ressources extraites… transformées… dispersées.
Inépuisables ? Non.
Si l’analyse présentée est solide, la forme l’est tout autant. L’ingénieur représenté dans la BD dialogue avec le dessinateur — et oui, il s’agit bien de l’auteur et de l’illustrateur du livre —, ce qui rend accessibles des enjeux complexes sans les simplifier.
Ni technophilie naïve, ni catastrophisme stérile : les deux compères explorent une voie exigeante — une sobriété organisée, des objets conçus pour durer, un modèle de progrès repensé.
Possible ? Nécessaire, oui.
Là où notre imaginaire dessine un monde d’abondance, cet ouvrage éclaire les causes structurelles de la crise écologique et replace la question des ressources au cœur du débat environnemental.
Une BD-document, véritable outil de réflexion, alliant rigueur, pédagogie et puissance visuelle.
Ressources ne se contente pas d’alerter : il aide à comprendre.
Et c’est précisément pourquoi il faut le lire.
Texte original De Rives en Pages – reproduction possible avec citation de la source.

Catherine Zambon — Actes Sud Jeunesse
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
C’est un roman jeunesse — à destination des adolescents — et il n’en existe pas tant que cela qui abordent la question de l’environnement avec une telle force.
À travers Violette, seize ans, Catherine Zambon esquisse le portrait d’une jeunesse lucide, inquiète et profondément engagée.
Violette ressent le monde avec une intensité rare, jusqu’à vouloir littéralement « être forêt » — une idée poétique qui traverse tout le récit et en fait sa singularité.
Si j’étais un arbre est un roman écologique sans être didactique.
La menace qui pèse sur la forêt — un projet de scierie — donne lieu à une mobilisation collective où se mêlent questions intimes, familiales et identitaires.
Car le livre touche également à des thèmes essentiels :
L’écriture frappe : poétique, fluide et d’une grande délicatesse, elle fait dialoguer les arbres, écoute les oiseaux et rend la nature presque palpable.
C’est un roman court, dense, habité par une émotion constante.
Accessible, engagé, mais jamais pesant, il s’ouvre sur des enjeux universels.
Un livre qui parle à tous ceux qui sentent, confusément, que nous faisons partie du vivant — et non l’inverse.
Texte De Rives en Pages — reproduction possible avec citation de la source.

D’abord pour le nom. Alyte. Alyte signifie « qui ne peut être délié ». Un mot ancien, qui dit le lien, l’attachement, l’indissociable.
L’Alyte est un crapaud accoucheur. Un amphibien discret dont le mâle porte les œufs, enroulées autour de ses pattes arrière, jusqu’au moment où il les dépose dans l’eau pour que naissent les têtards. Dans cette bande dessinée, Jérémie Moreau nous place à sa hauteur, et à hauteur de têtard.
Lire ALYTE, ce n’est pas entrer dans un discours écologique. C’est entrer dans un faible du vivant . Une histoire sans humains, où l’on observe les métamorphoses, les équilibres rompus, les dangers, mais aussi la persistance de la vie. Les têtards vont grandir, se transformer, lutter pour exister dans un monde instable.
Les illustrations, vibrantes et parfois fluorescentes, donnent au vivant une présence physique et participent pleinement à l’émotion du livre.
Et c’est beau. Beau, poétique, profondément sensible. Un livre qui touche juste – parfois jusqu’aux larmes – sans jamais forcer.
Lire ALYTE, c’est accepter de se laisser guider par un crapaud, par le rythme du vivant. Comprendre que lire l’environnement autrement, c’est parfois commencer au ras du sol, là où tout commence.
Ce livre a d’ailleurs été sélectionné lors des Nuits de la Lecture de janvier, événement porté par le Ministère de la Culture et la CNL.
Texte original – De Rives en Pages. Reproduction possible avec citation de la source.

Stéphane Amiot, illustré par Fabrice Mondejar — Éditions Vivre tout simplement
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Ici, l’écologie se transmet par l’émotion et par la poésie.
Le choix de faire de la rivière un véritable personnage, sensible et fragile, constitue l’une des grandes forces du récit.
Les jeunes lecteurs s’identifient et comprennent de manière intuitive les conséquences des actions humaines sur le milieu naturel.
Le livre réussit ainsi à rendre concrètes et accessibles des problématiques complexes telles que la pollution, la pression exercée sur les écosystèmes ou encore la raréfaction de l’eau.
Il ne s’agit pas seulement d’informer, mais de faire naître une relation sensible au vivant.
L’écriture de Stéphane Amiot, simple et poétique, respecte l’intelligence et l’imaginaire du lecteur ; les illustrations de Fabrice Mondejar prolongent cette approche avec une rivière tout en courbes, habitée, presque vibrante.
Publié par les éditions Vivre tout simplement, créées en 2012, cet album s’inscrit dans une ligne éditoriale cohérente, attentive à la transmission de valeurs environnementales.
In fine, ce livre se distingue parce qu’il permet d’aborder l’écologie autrement : par l’empathie, par la beauté et par le récit.
Et nous avons osé.
Un livre pour les « très jeunes », certes — mais libre.
Libre de croire qu’un album peut dépasser les âges que l’on voudrait lui assigner.
Car sous ses apparences d’ouvrage pour les premiers lecteurs, La Petite rivière qui avait soif touche aussi une jeunesse plus avancée, celle qui n’a pas renoncé à la poésie, à la lenteur, à l’émotion juste.
C’est là toute sa singularité : un outsider, au sens le plus noble, qui rappelle combien il est vain de vouloir enfermer un livre dans une tranche d’âge ou un genre.
Certaines œuvres, comme certaines rivières, trouvent toujours leur chemin — jusque dans des territoires inattendus.
Texte de De Rives en Pages — reproduction possible avec citation de la source.

Fleur Daugey, illustré par Chiara Dattola — Actes Sud Jeunesse
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Une merveille de livre qui transforme la complexité du monde vivant en une évidence lumineuse –
Dans Naturoscope, l’autrice Fleur Daugey, éthologue et formidable passeuse de savoirs, déploie tout son talent. Avec une précision accessible et une curiosité contagieuse, elle donne du sens aux chiffres et les relie au vivant.
Ici, tout surprend et émerveille : une autruche court aussi vite qu’un requin mako nage, le chant de la baleine bleue dépasse le bruit d’un avion au décollage, et même les excès de la pêche industrielle deviennent mesurables, concrets, saisissables.
Mais ce qui rend ce livre également unique, c’est la rencontre avec l’univers visuel de Chiara Dattola.
Ses illustrations ne se contentent pas d’accompagner : elles structurent, elles racontent, elles transforment. Cartes foisonnantes, graphiques joyeux, chiffres qui s’envolent, animaux mis en scène comme des athlètes…
On ne lit pas seulement : on regarde, on compare, on ressent.
Lire Naturoscope, c’est entrer dans un dialogue subtil entre science et création.
C’est apprendre en regardant, comprendre en s’émerveillant, et laisser les images révéler ce que les chiffres seuls ne sauraient dire.
Accessible dès 7 ans, ce livre éveille la curiosité, nourrit l’intelligence et ouvre des conversations essentielles sur le vivant.
Pour les jeunes, oui…
mais soyons honnêtes : combien d’entre nous se laisseront happer par la beauté visuelle et l’intelligence de cet ouvrage ?
Texte de De Rives en Pages — reproduction possible en citant la source.

Alexandre Roulin et Christine Mohr — Éditions Salamandre
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Parce qu’il est rare qu’un livre naturaliste nous parle autant de nous-mêmes.
Dans Ma vie de chouette, Alexandre Roulin et Christine Mohr nous invitent à changer de regard sur un animal à la fois fascinant et mal-aimé : la chouette effraie longtemps associée à la peur et aux superstitions.
Ce récit puise sa force dans la rencontre de deux regards complémentaires.
D’un côté, celui d’Alexandre Roulin, biologiste et ornithologue, qui consacre depuis plus de quarante ans sa vie à l’étude de la chouette effraie. De l’autre, celui de Christine Mohr, professeure de psychologie, spécialiste des comportements humains et des croyances, qui éclaire les mécanismes des peurs collectives et des superstitions entourant cet oiseau.
Le résultat est un texte à la fois rigoureux et profondément humain.
Le livre tisse en effet des parallèles étonnants entre les comportements de cet oiseau nocturne et les nôtres : relations familiales, éducation des petits, rivalités, stratégies, solidarité… Autant de traits qui nous rapprochent du vivant, bien au-delà de ce que l’on imagine.
Pari réussi : en donnant la parole à cette « dame blanche », les auteurs déconstruisent les mythes négatifs qui l’entourent et réhabilitent, en quelque sorte, une espèce fragile, révélatrice des équilibres de nos écosystèmes.
Accessible, vivant, souvent teinté d’humour, , Ma vie de chouette est un plaidoyer pour une écologie de la compréhension. Il nous rappelle que protéger le vivant commence par le connaître… et par reconnaître en lui une part de nous-mêmes.
Un livre qui éclaire autant la nuit des chouettes que nos propres zones d’ombre
Texte de De Rives en Pages — reproduction possible avec citation de la source.

Didier Roy et Pierre-Yves Oudeyer, illustré par Clémentine Layton — Éditions Nathan
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Parce que ce livre propose une introduction claire, rigoureuse et accessible à l’intelligence artificielle, à hauteur d’adolescent — et bien au-delà.
Conçu par deux chercheurs de l’INRIA, Didier Roy et Pierre-Yves Oudeyer, et mis en images par l’illustratrice Clémentine Layton, l’ouvrage réussit à rendre intelligible un sujet complexe grâce à une pédagogie éclairante et à des illustrations qui accompagnent parfaitement le propos.
Le livre retrace les grandes étapes de l’histoire de l’IA, de ses premiers imaginaires à ses usages actuels, et s’attarde notamment sur l’IA générative.
Il en explique les principes de fonctionnement — mécanismes d’apprentissage, rôle des données et des interventions humaines, souvent invisibles — et déconstruit les idées reçues autour d’une intelligence artificielle autonome ou consciente.
Les auteurs proposent une approche équilibrée, entre mise en garde et appropriation.
Et c’est là l’un des grands atouts de cet ouvrage : il aborde aussi explicitement l’impact environnemental de ces technologies — consommation d’eau, d’énergie — encore largement sous-estimé.
Enfin, « Ce n’est pas moi, c’est l’IA… » nous aide à comprendre que nos usages, nos choix et nos données en sont indissociables.
Une lecture éclairante pour les adolescents… mais pas seulement.
Comme le suggère la bande apposée sur le livre : pour les (grands) parents aussi.
Car nous sommes nombreux à chercher des explications pédagogiques :
« De quoi parle-t-on exactement ? »
Les voici.
Un livre pour la jeunesse, certes… mais ô combien précieux pour nous, (grands) parents.
Texte De Rives en Pages — reproduction possible avec citation de la source.

Véronique Masquelin et Mélanie Pacthod — Éditions Amalthée
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Parce que certaines histoires sèment des graines invisibles, qui continuent de grandir en silence dans le cœur des enfants.
Avec Les Veilleurs de l’Univers, Véronique Masquelin propose un récit à la fois accessible et profondément engagé, né d’un parcours singulier entre communication et médico-social. Par une écriture attentive et bienveillante, elle traduit une volonté claire : aider les plus jeunes à comprendre le monde sans les effrayer, mais en les rendant acteurs de demain.
À ses côtés, Mélanie Pacthod, graphiste indépendante originaire de Haute-Savoie, donne corps à cette vision. Ses illustrations, douces et lumineuses, incarnent avec finesse les quatre éléments dans un style que l’on sait apprécié des jeunes, capable d’éveiller leur curiosité.
Pari gagnant !
À travers les personnages de Solaris, Marina, Erika et Teresa — les Veilleurs de l’Univers —, le livre donne un visage à l’eau, au feu, à l’air et à la terre.
Il transforme une réalité complexe — le dérèglement climatique — en une aventure accessible, où l’enfant comprend qu’il peut, lui aussi, prendre soin de la planète.
Le choix des autrices est précieux :éveiller plutôt qu’alarmer, relier plutôt que culpabiliser.
Lire Les Veilleurs de l’Univers, c’est partager un moment entre enfant et adulte, ouvrir un dialogue et poser les premières pierres d’une conscience écologique.
C’est aussi découvrir le fruit d’une rencontre entre deux sensibilités artistiques, unies par le désir commun de transmettre un message d’espoir.
Car entre les pages de ce livre, une évidence s’esquisse doucement : nous ne sommes pas extérieurs au vivant — nous en sommes les veilleurs.
Texte proposé par De Rives en Pages, association loi 1901 reconnue d’intérêt général — reproduction possible en citant la source.

Sophie Noël — Éditions Evalou
En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Parce qu’il nous embarque dans une histoire captivante et profondément actuelle : un véritable polar jeunesse engagé, au cœur de la jungle indonésienne, où aventure, mystère et conscience écologique se mêlent avec justesse.
À travers le parcours de Kali, adolescent parisien en vacances en Indonésie, et de son amie Kirana, le roman nous plonge dans une réalité brutale : celle de la déforestation, de la pollution des eaux, du trafic d’animaux sauvages et des menaces qui pèsent sur la forêt et ses habitants.
Ce qui touche particulièrement, c’est la manière dont l’autrice — longtemps enseignante et désormais pleinement consacrée à l’écriture — parvient à incarner son propos : la nature et les animaux y deviennent de véritables foyers d’âme, des présences sensibles qui éveillent une empathie profonde et un ressenti durable.
Ainsi, lorsque Kali et Kirana décident de sauver une femelle orang-outan, refusant de rester spectateurs face à l’injustice, leur engagement devient aussi le nôtre et nous invite à la réflexion : qu’aurions-nous fait, nous-mêmes, face à une telle situation de violence et de cruauté ?
Entre passé et présent — avec la découverte d’un mystérieux manuscrit datant de 1919 —, entre légende et réalité, Le Serment de l’homme rouge est un texte accessible, plein de suspense et profondément engagé.
Un polar jeunesse engagé : cela nous manquait, et le voilà trouvé !
Publié par une maison dont la ligne éditoriale se caractérise par la défense des animaux et du vivant, l’ouvrage a également une dimension concrète : un euro est reversé, pour chaque exemplaire vendu, à l’association One Voice.
Texte De Rives en Pages — reproduction possible avec citation de la source.

Jean Giono — Version roman graphique signée Florence Lebonvallet et Daniel Casanave
Gallimard Bande Dessinée — En lice pour le Prix Littéraire Environnement 2026
Lire L’Homme qui plantait des arbres, c’est entrer dans une histoire simple pour en ressortir transformé.
Ce récit, écrit en 1953 par Jean Giono, ressemble à une histoire vraie. L’écrivain lui-même a entretenu cette illusion. À sa parution, certains lecteurs — et même des journalistes — ont cru à l’existence réelle d’Elzéard Bouffier. Cet homme qui plante arbre après arbre, sans chercher reconnaissance ni gloire, agit simplement parce qu’il le faut.
On a voulu le retrouver. Mais il n’existait pas.
Et pourtant… tout sonne juste.
Giono invente un homme, et dit une vérité profonde : celle de la capacité humaine à réparer le monde.
C’est aussi ce qui rend cette œuvre si actuelle. Bien avant que l’écologie ne devienne une urgence mondiale, Giono lançait déjà un appel discret mais puissant : prendre soin de la terre, humblement, patiemment.
Elzéard Bouffier ne sauve pas la planète. Il s’en occupe, un arbre après l’autre.
Dans sa version en bande dessinée, adaptée par Florence Lebonvallet et magnifiquement illustrée par Daniel Casanave, les paysages de Haute-Provence se déploient, lumineux et fragiles. On voit la terre sèche, les collines désertes… puis la lente apparition de la forêt.
Le dessin épouse le temps long du vivant, ce temps que notre époque a parfois oublié.
Ce livre touche par son universalité. Il traverse les âges. Il peut être lu enfant comme un conte, puis relu adulte comme une méditation.
Il parle de solitude, de patience, de transmission, et surtout d’espérance : n’est-il pas vrai que les grandes transformations naissent de gestes modestes, répétés avec constance ?
Planter un arbre. Jusqu’à ce que le désert devienne forêt.
Et qu’en silence, le monde change.
Texte De Rives en Pages — reproduction possible avec citation de la source.
